Départ à la retraite de Johannes Kühl

Départ à la retraite de Johannes Kühl

28 janvier 2020 | Wolfgang Held

Après 23 ans de travail, Johannes Kühl a transmis en fin d’année la direction de la section des sciences naturelles à ses successeurs. « D’abord l’anthroposophie, puis les sciences naturelles » : c’est dans cet esprit que ce membre le plus ancien de la Direction du Goetheanum s’est engagé, en tant qu’enseignant et physicien, pour la vie anthroposophique et celle de l’École de science de l’esprit.


Johannes Kühl a évoqué devant les collaborateurs du Goetheanum le temps passé à la tête de la section. Il travaillait en tant qu’étudiant à l’Institut Max Planck de Göttingen et étudia avec son directeur Ernst-August Müller et six autres étudiants intéressés par l’anthroposophie les écrits de Rudolf Steiner concernant les sciences naturelles.

De l’expérience à la méditation

Membre du collège de la section, Ernst-August Müller évoquait ainsi son travail auprès de ses étudiants. « L’objet de nos recherches ici à Göttingen, c’est du travail de section ». Cette indication orienta Johannes Kühl vers la nécessité d’une conception large et internationale du travail de section. Les trois axes de travail de l’École lui devinrent alors essentiels : la recherche (de l’expérience à l’approfondissement méditatif), la relation aux collègues sur place et dans le monde et le fait de représenter l’anthroposophie. Un des atouts de la section fut dans ce contexte de disposer de son propre institut de recherche.

Johannes Kühl fit dès le début de son travail au Goetheanum l’expérience concrète de ce que signifie représenter l’anthroposophie : Johannes Wirz, biologiste membre de la section, avait organisé avec son réseau de collègues le congrès « Ifgene » sous forme de dialogue entre spiritualité et génie génétique. Il s’agissait d’entrer en relation avec des chercheurs travaillant sur le génie génétique et le décryptage du génome. La même année (1997), le premier congrès apicole fit « bruisser » tout le Goethanum.

Côté recherche, l’institut fut aussi le lieu d’un travail très vivant : Jochen Bockemühl y présenta entre autres des études et exercices sur l’expérience du paysage et Georg Maier y fit d’intenses recherches sur l’optique. Les travaux sur la génétique permirent entre autres de publier Genetics and the Manipulation of Life – the Forgotten Factor of Context de Craig Holdrege et, bien plus tard, Saatgut – Gemeingut, étude de Johannes Wirz, qui montre comment les sciences naturelles peuvent vivifier la vie sociale. Johannes Kühl travailla lui intensément sur l’aspect atmosphérique des couleurs telles qu’elles apparaissent par exemple dans l’arc-en-ciel et leur rapport avec la théorie des couleurs de Goethe.

Ces dernières années, Matthias Rang a pu donner au travail sur la théorie des couleurs un niveau inédit, source d’importantes publications et de plusieurs expositions. Toutes ces recherches ont occasionné des contacts avec le public et le monde académique.

Collaboration et valorisation

Si on remonte une génération en arrière, on constate que les apports d’envergure dans le domaine des sciences naturelles inspirées par l’anthroposophie furent surtout le fait de personnalités bien distinctes. Or les colloques « Evolving Science » de la section l’ont montré : pour Johannes Kühl, il est apparemment plus aisé aujourd’hui de collaborer et d’accéder à une valorisation mutuelle des travaux. Cette collégialité s’est également étendue peu à peu aux autres sections et à l’actuelle direction du Goetheanum.

Johannes Kühl a exprimé sa reconnaissance d’avoir pu participer à ces évolutions et d’avoir travaillé une si grande partie de sa vie pour le Goetheanum.

Comme il a déjà été annoncé, Matthias Rang et Johannes Wirz assumeront ensemble la direction de la section des sciences naturelles dès janvier 2020.


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