Marianne Schubert part à la retraite

Marianne Schubert part à la retraite

28 janvier 2020 | Stephan Stockmar

Si Marianne Schubert a dirigé pendant presque six ans la section des arts plastiques, elle connaît cependant le Goetheanum depuis bien plus longtemps du fait de sa collaboration au groupe chargé de la gestion du domaine et au bureau d’études. Elle a mené à la tête de la section une politique d’inclusion et a mis l’accent sur la contemplation d’œuvres, les rencontres en atelier et les expositions.


Nommée à la tête de la section en mars 2014, architecte et paysagiste, Marianne Schubert avait déjà travaillé dans les années 1990 sur la conception des espaces autour du Goetheanum et collaboré au bureau d’études.

Diriger la section signifiait pour elle avant tout se mettre au service, transmettre, et en ce sens, elle a réalisé un travail de fond. Elle a pu, grâce à sa force désintéressée dans sa quête d’inclusion, combler maints fossés séparant les créateurs de la section, peintres, sculpteurs et architectes. Ne craignant jamais de rassembler lors de congrès, colloques ou expositions des représentants des courants les plus divers, elle sut apprécier le peintre Hannes Weigert autant que Christian Hitsch, sculpteur et architecte qui lui-même marqua pendant des années la section de son empreinte et laissa des traces de son travail au Goetheanum.

Entretiens d’atelier, ateliers d’artistes

Marianne Schubert a organisé avec Alexander Schaumann un cycle de 7 entretiens d’atelier sur l’architecture du second Goetheanum. Le dernier (février 2019) traité de Rudolf Steiner en tant que concepteur du domaine. Travailler sur le terrain du Goetheanum en tant que champ d’expériences, dans son devenir historique, sonder l’impulsion paysagiste de Rudolf Steiner lui tient très à cœur et elle continuera à s’y consacrer en vue d’une publication.

Des ateliers d’artistes furent régulièrement organisés sous son égide, entre autres avec Hannes Weigert, Claudia Schlürmann et Dorothea Templeton. Elle ne cessa jamais de proposer aussi, en collaboration avec Ronald Templeton, des séances d’observations d’œuvres d’art de Rudolf Steiner, face à l’original. Au sein même de la Direction du Goetheanum, elle incita également très souvent à percevoir les travaux artistiques de Rudolf Steiner en lien par exemple avec le travail collégial sur la Méditation de la Pierre de fondation.

D’importantes expositions ont porté ces dernières années sur les « sources de l’art », le rapport aux nouveaux médias, à de nouveaux matériaux, la petite coupole du premier Goetheanum ou l’actualité de l’architecture organique (avec Douglas Cardinal entre autres).

En lien avec l’exposition-vente « 250 œuvres de 120 artistes de 16 pays » dont elle eut l’idée et qu’elle organisa en décembre 2018, fut proposée dans la Menuiserie une table ronde qui eut un large écho sur la question : « Existe-t-il un art anthroposophique ? ».

Des expositions diverses

Au premier étage du Goetheanum, on a vu presque sans interruption des expositions organisées par Marianne Schubert et présentant par exemple des travaux du peintre sud-africain Igor Sturmheit, du photographe Duilio A. Martins, des œuvres de jeunesse de Gerard Wagner, les figurines d’eurythmie d’Edith Maryon et Rudolf Steiner et des œuvres d’art contemporain de Tbilissi. Marianne Schubert dirigea en parallèle le groupe chargé du graphisme pour le Goetheanum et la Société.

On s’étonne de tout ce qu’elle a mis en mouvement au cours de presque six années à la tête de la section – et tout cela sans collaborateurs attitrés. Thorwald Tiersch, âgé de 80 ans, est le seul à l’avoir toujours fidèlement accompagnée, en fonction de ses forces.

En fin d’année, peu de temps après son 64e anniversaire, Marianne Schubert a remis de son plein gré sa tâche de responsable de la section et l’a transmise à Christiane Haid.


Web www.sbk.goetheanum.org